
Un centre-bourg qui se vide n’est jamais un problème de façades. C’est un problème d’espace public. La voirie transforme la place en carrefour. Le stationnement occupe le parvis de l’église. La départementale traverse le village à 50 km/h. Les habitants et les commerces perdent un lieu de rencontre.
Le perchoir paysage accompagne les communes rurales et les petites villes d’Auvergne-Rhône-Alpes. Nous requalifions les cœurs de bourg, du diagnostic paysager au suivi de chantier.
Dans la plupart des bourgs que nous étudions, la place centrale n’existe plus en tant que place. La voirie et le stationnement ont progressivement absorbé la place, laissant le piéton circuler par tolérance. À Saint-Béron, en Savoie, la place de l’église fonctionnait comme un carrefour avant le projet. Elle offre aujourd’hui de véritables espaces dédiés au piéton et fait de l’église l’élément structurant de la composition.
Requalifier un bourg commence donc rarement par planter. Cela commence par redéfinir la hiérarchie des usages : ce qui reste circulé, ce qui devient partagé, ce qui devient strictement piéton.
Beaucoup de communes péri-urbaines s’urbanisent vite et perdent leur lisibilité. Sinard, dans le Trièves, s’est développé avec l’arrivée d’actifs travaillant à Grenoble. Le village risque aujourd’hui de devenir un village dortoir, séparé de ses cinq hameaux. Notre diagnostic paysager a porté sur l’ensemble de la commune. Il visait à reconnecter le bourg, les hameaux et les seuils d’entrée.
Une place entièrement bitumée devient inutilisable de juin à septembre. La désimperméabilisation et la plantation d’arbres d’ombrage ne sont pas des options esthétiques : elles conditionnent la fréquentation réelle de l’espace. À Vancia, à Rillieux-la-Pape, deux cent quatre-vingts mètres carrés de végétation ont été repris sur le bitume autour de la place de l’église.
Nous refusons de dessiner une place isolée de son territoire. Avant l’esquisse, nous analysons les flux, les polarités, les entrées de bourg, le grand paysage et l’histoire du site. À Sinard, ce diagnostic communal complet a précédé et justifié la création du terrain multisport. À Saint-Nizier-du-Moucherotte, il a mis au jour l’héritage ferroviaire du site, ancien lieu de rotonde, qui structure aujourd’hui le tracé du projet.
Sur la majorité de nos projets de bourg, nous construisons la programmation avec les habitants grâce à des questionnaires, des balades commentées, des ateliers et des réunions publiques. À Saint-Nizier-du-Moucherotte, nous avons élaboré trois scénarios d’aménagement et les avons soumis aux habitants. Le projet définit ensuite le tracé de la départementale, hiérarchise les traversées piétonnes et crée une halle dans la gare repensée.
Un bourg se vit en marchant. À Corbel, en Chartreuse, le projet requalifie le chef-lieu par acupuncture à travers cinq séquences : entrée sud, séquence patrimoniale, centralité, cheminement en encorbellement et entrée nord. Classée route de caractère au sein du Parc naturel régional, la commune cherche à apaiser la RD45 tout en préservant les vues sur le grand paysage.
Les murets, les galets, les briques de démolition et la pierre locale portent l’identité d’un village mieux que n’importe quel mobilier de catalogue. À Charavines, le projet réemploie les briques et les galets issus de la démolition du bâti et des murs pour réaliser le pavage. À Saint-Nizier-du-Moucherotte, nous créons un mobilier en pierre locale et réemployions les murets existants.
Labellisée Petite Ville de Demain, la commune de Chagny nous a confié quatre sites formant le centre-bourg : le square Bellevue, ancien verger de faubourg, le square de l’Arlequin en limite du centre historique et classé en espace boisé, la portion de l’avenue de Gaulle qui relie les deux squares, et la rue Arnaud. Le square Bellevue a été livré en 2022, le square de l’Arlequin et l’avenue en 2023, la rue Arnaud en 2026. Un jardin médicinal et un verger conservatoire ont été créés dans le square de l’Arlequin.
Voir les fiches : commune de Chagny, square Bellevue, square Arlequin, avenue de Gaulle

Charavines, en Isère, possède deux centralités : un cœur bleu touristique porté par le lac de Paladru et un cœur vert historique ouvert sur le grand paysage. Le projet restructure les espaces publics attenants à la future mairie et aux nouveaux bâtiments de logements et de commerces, crée une place centrale et fait des circulations piétonnes la priorité de la traversée. Cinq mille six cents mètres carrés, quatre millions d’euros dont neuf cent mille pour le paysage, réception des travaux en avril 2026. Le dénivelé est intégré au projet sous forme de gradins face aux commerces.

Village étape de mille deux cents habitants au patrimoine fort, entre mémoire de la résistance, ancien tramway et Jeux olympiques de 1968, Saint-Nizier-du-Moucherotte cherchait à renforcer son espace de vie central et son attractivité touristique en toutes saisons. Nous sommes mandataires du groupement. Chantier en cours, livraison prévue en décembre 2026.

Quartier rural de Rillieux-la-Pape en urbanisation rapide, Vancia possédait un bourg au potentiel inexploité. Le projet ouvre la parcelle sur la place de l’église et la venelle sud, et crée un jardin de curé planté de végétaux médicinaux, odorants et ornementaux aux abords d’une nouvelle salle associative. Huit cent cinquante mètres carrés, réception prévue en juin 2027.
Lauréats du concours en 2025, nous concevons le lot paysage de la place Sémard, espace public majeur d’un quartier prioritaire de la politique de la ville, associé à la construction d’un pôle d’équipements publics. Trois mille neuf cent quarante-trois mètres carrés d’espaces publics, revêtements perméables et pierre du Bugey, palette végétale adaptée au climat de 2050.

C’est la remise en fonctionnement du cœur d’une commune en agissant sur ses espaces publics : redonner la priorité au piéton, retrouver une place identifiable, apaiser la traversée, remettre du végétal et du sol perméable, et rendre les rez-de-chaussée commerciaux à nouveau attractifs. L’aménagement paysager en est le levier principal, souvent associé à la réhabilitation de bâtiments communaux.
Le plus souvent oui, mais rarement à volume constant sur le même emplacement. Le stationnement est redistribué en périphérie immédiate de la place, ce qui libère le centre. C’est précisément le sujet à instruire en concertation, car c’est celui qui inquiète le plus les commerçants et les riverains.
Les deux, et dans cet ordre. Le paysagiste concepteur mandataire porte le parti d’aménagement, la relation aux habitants et l’insertion dans le grand paysage. Le bureau VRD dimensionne les ouvrages, les réseaux et la voirie. Sur nos opérations de bourg, nous sommes le plus souvent mandataires ou associés à un architecte, avec un VRD au sein du groupement.